20150311

Le food-porn : quand nos assiettes deviennent des modèles photo

Vous aurez certainement remarqué le phénomène qui prend depuis quelques temps les amateurs de nourriture, appelés aussi « foodies ». Il est une tendance qui consiste à prendre en photo ses plats, snacks et sucreries puis de les partager sur les réseaux sociaux. C’est ce que l’on appelle « food porn ». Il s’agit de photos alléchantes qui mettent l’eau à la bouche, provoquent un plaisir des yeux et ravivent des saveurs gourmandes.

L’expression « food porn » vient de « food », nourriture et de « porn », pornographie. Elle évoque donc des clichés de nourriture à même de susciter l’excitation, par un dressage tout simplement beau, gourmand, élégant… Cette tendance est née durant le développement des réseaux sociaux Twitter, Facebook, Instagram et autre Snapchat. Pas la peine de le nier, vous apercevrez chaque jour dans vos fils d’actualité une ou plusieurs photos de burgers, gaufres, glaces ou desserts dégoulinants pris par vos amis foodies… et vous aimez cela !

Les plats deviennent de réels modèles photos. Pris sous toutes les coutures, avec la meilleure lumière, embellis par des filtres, ils sont tagués #foodporn. Ce tag est un des plus suivis sur les réseaux. Cela veut-il dire que nous sommes tous de grands gourmands ? Pas forcément. C’est le plaisir des yeux et la curiosité des internautes qui priment ! Par curiosité, j’entends l’envie de savoir ce que les autres mangent, où ils mangent mais aussi avoir des idées de petits plats à préparer ou bien de lieux où bien manger.

Mais ce nouveau phénomène a le don d’exaspérer les restaurateurs. Aux États-Unis, certains grands restaurants ont même interdit à leurs clients de prendre en photo les plats disposés sur leur table ! En effet, il peut évoquer une problématique « propriété intellectuelle » : comment éviter aux restaurateurs de copier la recette et le dressage d’une assiette ? L’effet de surprise à la découverte du plat devient par la même occasion amoindri.

Interdire ce phénomène est un peu excessif à mon goût… Il permet de réunir une communauté d’amateurs de « fooding » et donne une autre idée du partage. En plus de partager un repas avec un ami ou un parent, on peut également le partager avec un internaute situé à l’autre bout de la terre, et même promouvoir produits régionaux ! Et, il ne faut pas le nier, ces clichés tagués #foodporn constituent une bonne publicité gratuite.